Mise à jour du 15 septembre 2026 — Carte verte aujourd'hui, bascule demain. Au bulletin diffusé ce mardi à 6 h, Météo-France ne retient aucun département en jaune, en orange ou en rouge pour mardi 15 ; un seul, les Pyrénées-Orientales, passe en jaune orages mercredi 16. Pic de chaleur tardif aujourd'hui — 30 à 33 °C sur la moitié sud, 35 à 36 °C dans le Sud-Ouest, 36,1 °C relevés à Montpellier — puis bascule océanique mercredi, avec 7 à 15 °C de moins en vingt-quatre heures selon les régions. Coucher du soleil à 19 h 54, quatre minutes de jour perdues chaque jour. Rappel d'arrière-saison : une carte verte n'exclut ni le brouillard de fond de vallée, ni un sentier coupé. Gardez le téléphone allumé et la trace enregistrée dès le parking. Dans les Alpes du Nord, l'isotherme 0 °C tombe de 4 500 m aujourd'hui à 3 400 m jeudi, sans que la limite pluie-neige descende sous 3 100 m : pas de neige sur les sentiers, mais environ 5 °C à 2 500 m avec du vent de nord — lire la limite pluie-neige et fixer son plafond d'altitude.
Un randonneur de 74 ans, porté disparu depuis le mardi 1er septembre 2026 dans le secteur de Sentein (Ariège), a été retrouvé vivant jeudi 3 septembre vers midi, coincé depuis deux jours dans un trou près de la chapelle de l'Isard. Parti cueillir des champignons avec des amis, il s'était séparé du groupe. Une vingtaine de gendarmes du PGHM ont ratissé la zone, avec l'appui d'un système de géolocalisation téléphonique prêté par l'Andorre, selon France 3 et La Dépêche. Ce dénouement heureux, après un été noir dans les Pyrénées, pose une question très concrète à tous ceux qui marchent en montagne : si vous ne pouvez plus avancer, comment les secours vous trouvent-ils ? Réponse en trois lettres, AML, et en quelques réflexes qui font gagner des heures.
Ce qui s'est passé à Sentein : deux jours dans un trou, une piste ours écartée, une localisation empruntée à l'Andorre
La chronologie, reconstituée à partir de La Dépêche et de France 3 Occitanie, tient en trois jours. Mardi 1er septembre, un homme de 74 ans originaire du Tarn part aux champignons avec des amis au-dessus de Sentein, dans le Couserans. Le groupe se sépare à un moment de la sortie ; il ne réapparaît pas. Mercredi 2, le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) engage une vingtaine de militaires. Selon France 3, les secours français, faute de disposer de cet équipement, font appel à l'Andorre et à son système de localisation des téléphones portables pour tenter de resserrer la zone de recherche. Des messages jugés inquiétants laissent un temps craindre une rencontre avec un ours ; la piste est rapidement écartée par les secouristes. Jeudi 3 vers 12 h, l'homme est retrouvé vivant, dans un trou, à proximité de la chapelle de l'Isard, puis pris en charge par les secours.
Cet épisode arrive au terme d'une fin d'été particulièrement meurtrière dans le massif : un randonneur de 75 ans est mort le 30 août d'une chute d'une vingtaine de mètres entre le refuge des Sarradets et le col, près de la brèche de Roland (France 3) ; un Britannique de 28 ans a été retrouvé sans vie le 27 août dans le cirque de Tristaina, côté andorran, quatre jours après sa disparition ; début août, deux jeunes de 14 et 21 ans avaient été foudroyés sur le GR10 sous la Hourquette d'Ossoue (franceinfo). Trois situations différentes, un point commun : le temps qui sépare l'accident du moment où les secours savent où chercher est la variable qui décide de tout.
AML : quand vous appelez le 112, votre téléphone envoie sa position tout seul (à condition que l'appel passe)
Depuis 2020, la France utilise l'AML (Advanced Mobile Location, « géolocalisation automatisée de l'appelant »). Le principe, décrit par l'Agence du numérique de la sécurité civile (ANSC) : lorsque vous composez un numéro d'urgence depuis un smartphone compatible, l'appareil calcule sa position en combinant GPS, Wi-Fi et réseau cellulaire, puis l'envoie automatiquement au centre de secours, sous forme d'un SMS gratuit (ou d'une requête de données). Vous n'avez rien à faire, rien à installer, rien à dicter. Dans de bonnes conditions, la précision est de l'ordre de quelques dizaines de mètres, contre plusieurs centaines de mètres, voire des kilomètres, pour la simple localisation par antenne relais. La position est actualisée toutes les 30 secondes si vous vous déplacez, et les données sont effacées au bout de 60 jours.
Le service a été expérimenté fin 2019 dans quatre départements (Nord, Morbihan, Var, Alpes-Maritimes), puis déployé à toute la métropole à partir d'avril 2020 pour le 112 et le 18, d'abord sur Android, puis sur iOS. Il est aujourd'hui actif sur les principaux numéros d'urgence (112 et 18 en premier lieu, 15 et 17 selon le système d'exploitation, ainsi que le 114 par SMS). Sur les smartphones récents, la localisation est activée par le système lui-même le temps de l'appel, même si vous l'aviez coupée pour économiser la batterie ; les détails dépendent de votre système d'exploitation (rubrique « service de localisation d'urgence » de ses conditions d'utilisation, précise l'ANSC).
Ce que l'AML ne fait pas, et c'est tout l'enjeu de l'affaire de Sentein : il ne fonctionne que si un appel d'urgence est passé. Une personne inconsciente, un téléphone tombé dans la chute, un secteur sans aucune couverture, et le dispositif est aveugle. Les secours doivent alors se rabattre sur des méthodes plus lourdes, à la demande du procureur ou du préfet dans le cadre d'une recherche de personne en danger : bornage auprès de l'opérateur (quelle antenne a « vu » le téléphone en dernier, et quand), ou des équipements de détection capables de repérer un mobile allumé depuis un hélicoptère ou au sol. C'est ce type d'outil, qui n'est pas disponible partout ni en permanence, que les gendarmes ariégeois ont emprunté à l'Andorre.
112, 18, 15, 114 : quel numéro, dans quelle situation, et ce que le centre de secours voit de vous
En montagne, le réflexe officiel est le 112, joignable depuis n'importe quel réseau disponible, y compris celui d'un autre opérateur que le vôtre lorsque votre propre réseau est absent. Le ministère de l'Intérieur rappelle aussi le 18, et le 114 « en cas de difficulté à parler ou entendre ». Voici comment choisir, et surtout ce qu'il faut dire une fois la communication établie.
| Numéro | Quand l'utiliser en randonnée | Position transmise ? | Bon à savoir |
|---|---|---|---|
| 112 | Tout accident ou personne en danger en montagne, en France comme dans toute l'Union européenne. | Oui, automatiquement (AML) sur smartphone compatible. | Passe par n'importe quel réseau capté. Le centre bascule vers le PGHM, les CRS montagne ou les pompiers selon le département. |
| 18 | Sapeurs-pompiers : incendie, secours à personne en zone de moyenne montagne ou de forêt. | Oui (AML). | Même plateforme de réception que le 112 dans la plupart des départements. |
| 15 | Urgence médicale (malaise, coup de chaleur, douleur thoracique) sans problème d'accès. | Oui (AML). | Le SAMU déclenche lui-même l'hélicoptère ou le PGHM si le terrain l'exige. |
| 114 (SMS, visio, tchat) | Personnes sourdes ou malentendantes ; par extension, lorsque parler est impossible (blessure, vent, nécessité de rester silencieux). | Oui par SMS (AML), plus la position saisie dans l'application. | Application et site 114.fr. Un SMS passe parfois là où la voix ne passe plus. |
| SMS à un proche | Réseau trop faible pour un appel : envoyez vos coordonnées GPS et votre état à la personne prévenue avant le départ, qui appellera le 112. | Non (vous devez écrire la position). | Copiez les coordonnées depuis votre application de carto (format degrés décimaux). |
Une fois la communication établie, le ministère de l'Intérieur liste six informations à donner « le plus calmement possible » : le lieu (massif, commune, nom du sommet, altitude, versant, coordonnées GPS) et l'heure ; les noms et numéros des personnes présentes ; la nature de l'accident et le nombre de victimes ; la gravité des blessures ; les gestes déjà faits ; les conditions météo locales (vent, visibilité) et les dangers encore présents. Ne raccrochez jamais le premier : c'est l'opérateur qui met fin à l'appel, après vous avoir dit quoi faire en attendant.
Être retrouvable avant même d'avoir besoin de l'être : les six gestes qui raccourcissent une recherche
Les recherches de Sentein ont duré deux jours parce que personne ne savait où chercher. L'essentiel de ce que vous pouvez faire se joue donc avant le départ et pendant la marche, pas au moment de l'appel.
- Déposez un itinéraire précis chez quelqu'un. Pas « je vais du côté de Sentein » mais le parcours, le point de départ (parking), l'heure de retour prévue et, surtout, l'heure à partir de laquelle ce proche doit appeler le 112 si vous n'avez pas donné signe de vie. C'est la consigne de base du ministère de l'Intérieur et de la FFRandonnée. Un message écrit (SMS, mail) vaut mieux qu'un mot dit en passant : il sera relu tel quel aux secours.
- Partagez votre position en direct avec ce proche (fonction « position en temps réel » d'une messagerie ou d'une application de cartographie) tant que le réseau le permet. Même interrompu, le partage laisse une dernière position horodatée : c'est exactement l'information que le PGHM demandera en premier.
- Enregistrez votre trace GPS sur l'une des applications de randonnée que vous utilisez déjà : en cas de doute, vous pouvez revenir sur vos pas, et si vous êtes retrouvé blessé, la trace explique votre parcours aux enquêteurs.
- Ne vous séparez pas du groupe sans point de rendez-vous ni heure limite. La cueillette de champignons est le cas d'école : on quitte le sentier, on regarde le sol, on s'éparpille. Fixez un lieu et une heure de regroupement, et un signal sonore (sifflet) avant de vous disperser.
- Gérez la batterie comme une ressource de secours : téléphone chargé à 100 % au départ, batterie externe dans le sac, mode économie d'énergie, et téléphone au chaud contre le corps quand il fait froid. Dans une zone que vous savez sans réseau, le mode avion évite au téléphone de s'épuiser à chercher une antenne, mais pensez à le réactiver aux points hauts.
- Ajoutez un moyen d'alerte qui ne dépend pas du réseau si vous randonnez souvent seul ou hors sentiers : les iPhone récents proposent un SOS d'urgence par satellite ; les messagers satellite et les balises de détresse (PLB) fonctionnent partout, moyennant un abonnement ou un achat. Nos conseils pour randonner en solo en sécurité détaillent ces options.
Bloqué, blessé, sans réseau : comment aider les secours à vous trouver quand le téléphone ne sert plus
Le scénario de Sentein, un homme coincé dans un trou pendant deux jours, n'est pas rare : chute dans un pierrier, dans une doline calcaire, dans un ravin masqué par la végétation. Si vous ne pouvez plus vous déplacer, l'objectif change : il ne s'agit plus de rejoindre le sentier mais de rester en vie et visible jusqu'à l'arrivée d'une équipe, qui cherchera à pied et en hélicoptère.
- Tentez l'appel, puis le SMS, puis attendez les points de passage du réseau. Un appel au 112 qui échoue peut réussir quelques mètres plus loin ou plus haut. Si la voix ne passe pas, un SMS au proche prévenu, ou au 114, a plus de chances d'aboutir : il se réessaie tout seul dès qu'une bribe de réseau apparaît. Laissez ensuite le téléphone allumé mais économe : un mobile allumé peut être détecté par certains équipements de recherche.
- Le signal de détresse international au sifflet : six coups par minute, une minute de silence, puis on recommence. La réponse des secours est de trois coups par minute. Un sifflet porte bien plus loin qu'une voix, sans fatiguer. Il devrait figurer dans toute trousse de secours de randonnée.
- Rendez-vous visible depuis le ciel : couverture de survie côté argenté vers le haut, vêtement de couleur vive étalé, bras en « Y » (les deux bras levés) lorsque l'hélicoptère approche, ce qui signifie « oui, j'ai besoin d'aide ». Éloignez-vous des arbres si vous le pouvez, sans vous exposer davantage.
- Protégez-vous du froid et de la chaleur. Deux nuits dehors début septembre, même par temps chaud en plaine, signifient de l'humidité et des températures nocturnes basses en altitude ; l'inverse, en plein après-midi de canicule, expose au coup de chaleur. Isolez-vous du sol, couvrez-vous, rationnez l'eau. Nos guides sur la randonnée par forte chaleur et sur la nuit qui tombe plus tôt sur le relief détaillent ces deux risques.
- Ne vous déplacez plus une fois l'alerte donnée, sauf danger immédiat : les secours convergent vers votre dernière position connue.
Les secours en montagne sont gratuits en France en dehors des domaines skiables, et le PGHM comme les CRS montagne préfèrent cent fois une fausse alerte à un appel trop tardif. Si vous ne savez pas si votre situation justifie d'appeler, appelez : l'opérateur tranchera. Pour les cas où vous êtes simplement désorienté, sans blessure, notre article sur les bons réflexes quand on se perd en randonnée reste la première lecture.
Champignons, chasse, jours plus courts : pourquoi septembre est le mois des « disparus » de moyenne montagne
Le profil de la personne recherchée à Sentein, un cueilleur expérimenté, hors sentier, séparé de ses compagnons, revient chaque automne dans les communiqués des PGHM et des CRS. La cueillette a trois défauts du point de vue des secours : elle se pratique hors trace, dans des secteurs forestiers où le GPS et le réseau sont médiocres, et elle est souvent solitaire même quand on part à plusieurs. Ajoutez la réouverture de la chasse dans la plupart des départements, les zones de quiétude du brame qui ferment certains accès, et des journées qui perdent chaque semaine une vingtaine de minutes de lumière : la marge d'erreur se réduit vite pour qui part « juste deux heures » en début d'après-midi.
Le calendrier de ce week-end aggrave le tableau. Météo-France prévoit vendredi des températures « bien souvent inédites pour un mois de septembre » sur le sud de l'Aquitaine, l'Occitanie et la vallée du Rhône, jusqu'à 38-40 °C dans le Languedoc samedi, avant quelques averses orageuses sur le relief dimanche. Cinq départements sont en vigilance orange canicule, dix en jaune, dont tous les départements pyrénéens sauf l'Aude qui est en orange. Le danger feux reste élevé sur les régions méditerranéennes (Météo des forêts). Concrètement : départ à l'aube, itinéraire court et ombragé, deux litres d'eau minimum, et, depuis mercredi, la possibilité de lire la vigilance orages zonée à l'intérieur du département avant de partir. Le dossier « Dangers de l'été en montagne » rassemble tous nos guides de saison.
Questions fréquentes
Le 112 fonctionne-t-il sans réseau de mon opérateur ?
Oui : un appel au 112 est acheminé par n'importe quel réseau mobile capté par votre téléphone, même si ce n'est pas celui de votre abonnement. En revanche, sans aucun réseau du tout, l'appel ne part pas et l'AML ne peut rien envoyer. Déplacez-vous de quelques mètres, gagnez un point haut ou une crête si c'est sans danger, puis réessayez.
Faut-il activer la localisation avant d'appeler les secours ?
Sur les smartphones compatibles, le système d'exploitation active la localisation de lui-même le temps de l'appel d'urgence, selon l'ANSC. Il reste prudent de laisser la localisation active pendant la randonnée, ne serait-ce que pour votre application de cartographie, et de vérifier que votre téléphone est à jour.
Les secours peuvent-ils me localiser si je n'ai pas appelé ?
Pas avec l'AML, qui suppose un appel. Dans le cadre d'une recherche de personne disparue, les enquêteurs peuvent demander à l'opérateur les dernières antennes ayant capté votre téléphone (précision de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres en montagne) ou utiliser des équipements de détection spécialisés, comme celui prêté par l'Andorre en Ariège. D'où l'importance de laisser le téléphone allumé.
Le 114 est-il réservé aux personnes sourdes ?
Le 114 est conçu pour les personnes sourdes, malentendantes ou ayant des difficultés d'élocution. Le ministère de l'Intérieur le mentionne aussi « en cas de difficulté à parler ou entendre », ce qui couvre une situation de blessure ou de vent violent. Il fonctionne par SMS, tchat et visio via l'application 114.
Un message satellite ou une balise, est-ce vraiment utile en France ?
Pour la majorité des randonnées sur sentier balisé, un téléphone chargé, un itinéraire déposé et un sifflet suffisent. Dès que vous marchez seul, hors sentier, en forêt dense ou dans des vallées encaissées sans réseau (une grande partie du Couserans, des Écrins ou du Mercantour), un SOS satellite ou une balise PLB transforme une recherche de deux jours en une intervention de deux heures.
Sources
- La Dépêche du Midi, 3 septembre 2026 — « Il était dans un trou » : le randonneur de 74 ans retrouvé
- France 3 Occitanie, 2 septembre 2026 — Disparition d'un randonneur : les secours font appel à l'Andorre et à son système de localisation des téléphones
- Agence du numérique de la sécurité civile — AML, géolocalisation automatisée de l'appelant
- Ministère de l'Intérieur, Ma Sécurité — La montagne en été comme en hiver (mis à jour le 9 avril 2026)
- 114, numéro d'urgence pour les personnes sourdes et malentendantes
- France 3 Occitanie, 30 août 2026 — Un randonneur de 75 ans meurt après une chute près de la brèche de Roland
- franceinfo, août 2026 — Deux randonneurs foudroyés sur le GR10
- Météo-France, 3 septembre 2026 — Pic de chaleur sur le sud du pays et carte de vigilance du 4 septembre
- Météo Paris, 3 septembre 2026 — Vigilance orange canicule, seconde occurrence en septembre après 2023
- FFRandonnée — S'informer avant de partir ; Santé publique France — Mieux vivre avec la chaleur