Voici une sélection de cinq itinéraires emblématiques qui permettent de découvrir la diversité du massif, depuis les classiques de la Vallée des Merveilles jusqu'à des balades familiales autour des lacs glaciaires. Chaque sortie est accessible en journée ou peut s'inscrire dans un trek plus long en autonomie. La saison idéale s'étend de juin à mi-octobre, avec un pic de fréquentation en juillet-août.

1. La Vallée des Merveilles : un musée à ciel ouvert

Site classé monument historique depuis 1989, la Vallée des Merveilles abrite plus de 40 000 gravures rupestres datant de l'âge du Bronze. Cet immense livre ouvert sur la préhistoire se découvre au cœur d'un cirque minéral spectaculaire dominé par le mont Bégo. L'accès se fait depuis le refuge des Merveilles ou depuis Castérino, avec une marche d'approche de deux à trois heures.

La randonnée à la journée est exigeante (environ 7 heures aller-retour, 900 mètres de dénivelé positif) mais sans difficulté technique majeure. Il est très fortement recommandé de partir avec un guide officiel du parc pour repérer les gravures les plus intéressantes et respecter la réglementation : la circulation hors sentiers balisés est strictement interdite dans la zone des gravures. Le site de [Mercantour Tourisme](https://www.mercantour-parcnational.fr/) liste les accompagnateurs agréés.

2. Le lac d'Allos : le plus grand lac naturel d'altitude d'Europe

Situé à 2 226 mètres dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, le lac d'Allos est le plus vaste lac naturel d'altitude d'Europe. Cette merveille géologique, longue de 1 100 mètres, se mire dans un cirque rocheux dominé par les sommets du Mont Pelat et de la Tour du Lac. La marche d'approche, depuis le parking du Laus, est très accessible : compter 45 minutes à l'aller, sur un sentier large et bien tracé.

La randonnée se prête particulièrement à une boucle autour du lac (environ 2 heures de marche supplémentaires), ponctuée d'une halte au refuge d'Allos pour profiter d'une terrasse panoramique. Les randonneurs aguerris peuvent prolonger jusqu'au sommet du Mont Pelat (3 050 m), plus haut sommet entièrement situé dans le parc, qui se gravit en 4 heures depuis le lac.

3. Le tour du Mont Mounier : une boucle alpine de caractère

Sommet majeur du Mercantour avec ses 2 817 mètres, le Mont Mounier offre l'un des panoramas les plus vastes des Alpes du Sud. Par temps clair, le regard porte de la Méditerranée aux sommets piémontais et jusqu'au massif des Écrins. La boucle classique sur deux jours part de Beuil ou de Roubion et passe par les alpages, le refuge de Longon et la longue arête sommitale.

Cet itinéraire de 25 kilomètres environ avec 1 500 mètres de dénivelé positif demande une bonne condition physique et un sens de l'orientation correct, certaines portions traversant des alpages peu balisés. L'observation de la faune y est exceptionnelle, en particulier des marmottes et des chamois. Les renseignements à jour sur les balisages et les conditions sont disponibles sur [Camptocamp](https://www.camptocamp.org/).

4. Les lacs de Vens : joyaux glaciaires du Mercantour

Le plateau des lacs de Vens, accessible depuis le hameau du Pra dans la vallée de la Tinée, est l'un des secteurs les plus photogéniques du parc. Cinq lacs d'altitude répartis sur un plateau granitique entre 2 320 et 2 360 mètres composent un paysage minéral très évocateur des hautes terres scandinaves. Le refuge de Vens, construit en pierres sèches, surplombe le grand lac et constitue une étape idéale.

L'itinéraire classique se fait en aller-retour depuis le Pra (10 km, 900 m de dénivelé positif, 5 heures de marche), ou en boucle de deux jours en passant par le col de Tortisse et la vallée du Salèse. La pêche est autorisée pour les détenteurs d'une carte fédérale, et l'eau est suffisamment claire pour faire une trempette rafraîchissante en plein été. Les conditions et le balisage sont relayés par [Visorando](https://www.visorando.com/) et les pages du refuge.

5. Le sentier du Mont Bégo : faune et flore exceptionnelles

Pour les passionnés de nature plus que de performance, l'ascension du Mont Bégo (2 872 m) en aller-retour depuis Castérino offre un concentré du Mercantour : pelouses alpines, troupeaux d'ovins gardés par des patous, observation possible du loup et de l'aigle royal, lacs d'altitude et vue plongeante sur la Vallée des Merveilles. La randonnée demande environ 8 heures de marche pour 1 300 mètres de dénivelé positif.

L'observation animalière y est exceptionnelle, à condition de partir tôt et de marcher en silence. Le Mercantour est l'un des rares parcs nationaux français où la population de loups s'est durablement réinstallée à l'état sauvage. Pour préparer votre observation, les fiches faune éditées par l'[Office Français de la Biodiversité](https://www.ofb.gouv.fr/) recensent les espèces présentes et leurs habitats préférentiels.

FAQ : les questions fréquentes sur la randonnée dans le Mercantour

**Quelle est la meilleure période pour randonner dans le Mercantour ?** La saison idéale s'étend de mi-juin à mi-octobre. Avant la mi-juin, les cols supérieurs à 2 500 mètres peuvent encore être enneigés et certains refuges sont fermés. Après la mi-octobre, les premières chutes de neige rendent les sentiers difficiles et les refuges ferment. Septembre est souvent la période la plus agréable : températures douces, peu de monde et lumière magnifique.

**Le bivouac est-il autorisé dans le Mercantour ?** Le bivouac est toléré à proximité immédiate des refuges entre 19h et 9h, en montant et démontant la tente chaque jour. Hors de cette tolérance, le bivouac sauvage est strictement interdit en zone cœur du parc. Le feu, l'introduction de chiens même tenus en laisse et la cueillette sont également interdits. Le respect de ces règles est essentiel pour préserver les écosystèmes fragiles.

**Peut-on randonner avec un chien dans le Mercantour ?** Non, les chiens sont strictement interdits dans la zone cœur du Parc national du Mercantour, même tenus en laisse, pour limiter le dérangement de la faune sauvage. Dans la zone d'adhésion (en périphérie du cœur), les chiens sont admis tenus en laisse. Prévoyez donc une garde si vous souhaitez randonner sur les itinéraires phares.

**Y a-t-il un risque de rencontre avec un loup ?** Les loups sont effectivement présents dans le Mercantour, avec plusieurs meutes recensées. Toutefois, le loup est naturellement craintif et évite l'homme. Les rencontres sont extrêmement rares et aucune attaque sur un randonneur n'est documentée en France contemporaine. En revanche, les chiens de protection (patous) accompagnant les troupeaux peuvent se montrer dissuasifs : restez calme, ne courez pas et contournez le troupeau largement.