Niché entre la Côte d'Azur et le Piémont italien, le Parc national du Mercantour concentre une diversité de paysages rarement égalée en France : lacs d'altitude, gravures rupestres, vallées sauvages peuplées de loups, marmottes et bouquetins. Sept vallées principales se déploient sur 685 kilomètres carrés, traversées par plus de 600 kilomètres de sentiers balisés. Voici cinq itinéraires emblématiques pour découvrir le massif, du plus accessible au plus engagé.
Le lac d'Allos, le plus grand lac naturel d'Europe en altitude
Perché à 2 220 mètres dans la vallée du Haut-Verdon, le lac d'Allos déroule ses 60 hectares d'eau turquoise au pied du Mont Pelat. C'est l'une des randonnées les plus populaires du Mercantour et pour cause : 45 minutes de marche depuis le parking du Laus suffisent pour atteindre la rive. La boucle complète autour du lac demande environ deux heures et offre des points de vue spectaculaires sur les sommets environnants.
Pour prolonger la sortie, on peut prendre de la hauteur en grimpant au col de l'Encombrette ou au Mont Pelat (3 051 mètres), accessible à des marcheurs expérimentés en une journée aller-retour. Le site officiel du Parc national du Mercantour publie les conditions d'accès et les éventuels arrêtés de protection des espèces sensibles comme l'aigle royal.
La vallée des Merveilles, voyage dans la préhistoire
Au pied du Mont Bégo, la vallée des Merveilles abrite plus de 40 000 gravures rupestres datant de l'âge du Bronze (entre 3 300 et 1 800 ans avant notre ère). C'est l'un des plus grands sites de gravures à ciel ouvert d'Europe. Le sentier classique part du refuge des Merveilles et serpente entre les lacs glaciaires et les dalles de schiste vert où des figures anthropomorphes, d'armes et d'animaux ont été gravées par les bergers de l'âge du cuivre.
L'accès à la vallée est réglementé : on ne peut sortir des sentiers balisés qu'accompagné d'un guide agréé du parc. La saison s'étend de juin à octobre, hors enneigement. Un détour par le refuge de Fontanalbe permet de découvrir un second secteur de gravures, souvent plus tranquille. Cette vidéo immersive donne une bonne idée de l'atmosphère minérale du lieu :
Le Boréon et le lac de Trécolpas
La vallée du Boréon, surnommée la "Petite Canada des Alpes-Maritimes" pour ses forêts de mélèzes et ses cascades, offre une infinité d'itinéraires accessibles depuis le village du Boréon, au-dessus de Saint-Martin-Vésubie. L'aller-retour vers le lac de Trécolpas est un classique de quatre heures : sentier en sous-bois, prairie d'altitude, puis un magnifique lac glaciaire à 2 150 mètres entouré de parois granitiques.
Les marcheurs plus aguerris poursuivront jusqu'au pas des Ladres et au refuge de la Cougourde pour une boucle de huit heures avec des panoramas grandioses sur le Cougourde et l'Argentera. C'est aussi dans cette vallée que se trouve l'Alpha, parc animalier dédié au loup et à sa réintroduction dans les Alpes-Maritimes depuis 1992. Une visite éducative pour comprendre les enjeux du retour du grand prédateur dans le massif.
La cime du Diable, sommet panoramique du sud du parc
Avec ses 2 685 mètres, la cime du Diable n'est pas le plus haut sommet du Mercantour, mais c'est sans doute l'un des plus beaux belvédères du parc. Depuis le col du Treitore, accessible en voiture par la vallée de la Roya, le sentier monte en lacets dans un univers minéral où dominent le rose des grès rouges et le gris des éboulis calcaires.
Comptez sept heures aller-retour pour 1 050 mètres de dénivelé. Par temps clair, le panorama s'étire de la Méditerranée jusqu'au Mont Viso, en passant par le Massif du Marguareis italien. C'est aussi le territoire des bouquetins, réintroduits dans les années 1980 et désormais bien installés sur les crêtes du massif. Préparez une veste coupe-vent : même en plein été, les rafales peuvent y être violentes.
La Madone de Fenestre et le col éponyme
La vallée de la Madone de Fenestre, accessible depuis Saint-Martin-Vésubie, est un haut lieu spirituel et alpin du Mercantour. Le sanctuaire marial, perché à 1 903 mètres, attire les pèlerins depuis le Moyen Âge. Au-delà, le sentier conduit en quatre heures au col de Fenestre (2 463 mètres), porte d'entrée vers l'Italie et le Parc naturel des Alpes Maritimes.
C'est ici que se déroule chaque été l'observation des bouquetins par les agents du parc, dans le cadre du suivi scientifique des populations. Les marcheurs aguerris peuvent enchaîner avec l'ascension du Mont Gélas (3 143 mètres), point culminant des Alpes-Maritimes, en deux jours avec une nuit au refuge de la Madone. L'office de tourisme de Saint-Martin-Vésubie fournit les contacts des guides locaux pour ces itinéraires plus engagés. Vous pouvez également consulter les fiches d'itinéraires détaillées publiées sur Visorando pour préparer la sortie.
Conseils pratiques pour randonner dans le Mercantour
Le parc applique une réglementation stricte : interdiction de cueillir des fleurs, de sortir des sentiers dans certaines zones, de camper en dehors des sites prévus (bivouac autorisé entre 19h et 9h à proximité immédiate des refuges gardés). Les chiens ne sont pas admis dans la zone cœur du parc, même tenus en laisse. Les pâturages sont également gardés par des chiens de protection (patous) qu'il faut savoir aborder calmement.
La meilleure période s'étend de fin juin à début octobre. En juillet et août, partez tôt le matin pour éviter les orages d'altitude et le monde sur les sentiers les plus connus. Pensez à télécharger vos cartes IGN hors ligne car le réseau mobile est très inégal dans les hautes vallées.
FAQ : randonnée dans le Mercantour
Faut-il une autorisation pour randonner dans le Mercantour ?
Non, l'accès au parc est libre et gratuit, sauf dans la vallée des Merveilles où la sortie des sentiers nécessite un guide agréé. En revanche, certaines zones sont fermées temporairement pour protéger la faune en période de reproduction.
Peut-on bivouaquer dans le Mercantour ?
Le bivouac est autorisé entre 19h et 9h, à moins d'une heure de marche d'une route ou d'un sentier balisé, et uniquement à proximité immédiate d'un refuge. Le camping sauvage est en revanche strictement interdit.
Y a-t-il vraiment des loups dans le Mercantour ?
Oui, le loup est revenu naturellement en 1992 depuis l'Italie. Une dizaine de meutes sont installées dans le massif. Les rencontres avec les randonneurs sont extrêmement rares, le loup étant un animal très discret.
Quel niveau pour les randonnées du parc ?
Le Mercantour offre tous les niveaux, du sentier de découverte familial à l'itinéraire alpin engagé. Les boucles au lac d'Allos ou au Boréon conviennent aux familles, tandis que la cime du Diable ou le Mont Gélas s'adressent à des marcheurs aguerris.
Quand voir les marmottes et les bouquetins ?
Les marmottes sont actives d'avril à octobre, particulièrement visibles le matin et en fin de journée près des terriers. Les bouquetins descendent à mi-altitude au printemps et remontent sur les crêtes en été. Le Boréon, le Mont Mounier et la Madone de Fenestre sont des spots fiables d'observation.
Préparer son séjour
Plusieurs portes d'entrée permettent d'accéder au Mercantour : Saint-Étienne-de-Tinée et Auron pour la haute Tinée, Saint-Martin-Vésubie pour la Vésubie, Tende pour la Roya, Allos pour le Haut-Verdon. Chaque vallée a son ambiance et mérite plusieurs jours de visite. Les refuges gardés du parc sont accessibles à la demi-pension de juin à septembre, sur réservation obligatoire pendant la haute saison.