La Dent de Cons et la traversée vers Trélod

La Dent de Cons culmine à 2 062 mètres au-dessus du col du Frêne et offre l'une des plus belles vues sur le massif. Le départ classique s'effectue depuis le hameau de la Magne, sur le versant nord. La montée traverse d'abord la forêt de hêtres et de sapins, puis débouche sur les alpages des Combes de la Cochette. Le sentier monte ensuite régulièrement vers l'arête sommitale, dont la dernière section demande de l'attention par temps humide en raison de quelques rochers exposés. Comptez environ 1 100 mètres de dénivelé positif pour 13 kilomètres aller-retour, soit cinq à six heures de marche.

Au sommet, la vue embrasse le lac d'Annecy, les Aravis, le Mont-Blanc par temps clair et l'ensemble du plateau de la Bauche au sud. Les randonneurs expérimentés peuvent prolonger la sortie par la traversée vers le Trélod (2 181 mètres), point culminant des Bauges. Cette extension exige une bonne lecture de terrain et la passage de quelques courts ressauts non équipés, mais récompense par un parcours sauvage et peu fréquenté. Le retour s'effectue alors par le col de la Cochette et le sentier de descente vers la Magne, totalisant environ 18 kilomètres et 1 500 mètres de dénivelé. La saison idéale s'étend de juin à octobre, avec un pic de fleurs alpines en juillet.

Le Pécloz : alpages et faune emblématique

Avec ses 2 197 mètres, le Pécloz est l'un des seuls 2 000 du massif accessible sans difficulté technique. Le départ se fait depuis le hameau de Précherel, accessible par une petite route depuis École-en-Bauges. L'itinéraire suit le ruisseau du Nant Fourchu, traverse une magnifique forêt de hêtres puis émerge sur les alpages du Char du Pré. À cette altitude, la chance d'observer un troupeau de chamois ou de bouquetins reste élevée, surtout tôt le matin. Le massif des Bauges abrite l'une des plus importantes populations de chamois des Alpes françaises, estimée à plus de 3 500 individus.

Comptez 1 250 mètres de dénivelé et environ six heures pour la boucle complète (16 km), souvent décrite comme la plus belle randonnée du massif. Le passage par le col de Chérel, à 1 495 mètres, offre une vue plongeante sur le vallon de Bellevaux, point de rendez-vous des observateurs de gypaètes barbus depuis la réintroduction réussie des années 2010. L'arrivée au sommet par l'arête est plus aérienne mais non technique, accessible à tout randonneur en bonne condition. Pour suivre l'actualité de la faune et les itinéraires sécurisés, le site du [Parc naturel régional des Bauges](https://www.parcdesbauges.com/) reste la meilleure ressource officielle.

L'Arcalod et le tour des lacs de Bellevaux

Point culminant des Bauges occidentales à 2 217 mètres, l'Arcalod offre un parcours sportif récompensé par une vue exceptionnelle. L'itinéraire classique part du parking de Bellevaux, à 1 200 mètres d'altitude. La montée traverse d'abord la forêt jusqu'aux chalets de Banc Plat puis débouche dans les pelouses du Cirque de l'Arcalod. Le passage du dernier ressaut sommital, à travers un couloir herbeux raide, demande des bâtons et une attention particulière par temps humide.

Pour une journée plus contemplative et moins exigeante, le **tour des lacs de Bellevaux** propose une boucle de 11 kilomètres pour 650 mètres de dénivelé. Le sentier longe le lac du Mariet, le lac de la Thuile et plusieurs vasques moins connues, dans un environnement de pâturages d'été et de hêtraies cathédrales. Idéal en famille ou pour une journée de récupération, ce tour offre plusieurs possibilités de baignade dans des eaux limpides à 18-20 °C en plein été. La région reste également connue pour son fromage de Tomme des Bauges AOP, dont la maison de la fromagerie de la Compôte propose des visites guidées en été.

Le Margériaz et ses lapiaz spectaculaires

Le Mont Margériaz, qui culmine à 1 845 mètres, présente l'une des plus grandes étendues de **lapiaz** d'Europe. Ces formations karstiques, sculptées par la dissolution du calcaire pendant des millénaires, dessinent un labyrinthe de fissures, rigoles et puits naturels d'une beauté étrange. Le départ s'effectue depuis la station du Margériaz 1400, accessible en voiture depuis Aillon-le-Jeune. L'itinéraire classique forme une boucle de 9 kilomètres pour 500 mètres de dénivelé positif, parfaitement adaptée aux randonneurs occasionnels et aux familles avec enfants à partir de huit ans.

Le sentier des Crocs, balisé en jaune, traverse les principaux secteurs de lapiaz et offre plusieurs points de vue sur la Combe de Savoie. **Attention** : les fissures dans le calcaire peuvent atteindre plusieurs mètres de profondeur, ne quittez jamais le sentier balisé. La géologie particulière du massif intéresse également les chercheurs : on a découvert sur le Margériaz l'une des plus longues cavités explorées d'Europe, le réseau Tanne-Margériaz, qui dépasse 36 kilomètres de galeries reconnues. Pour les passionnés, le [Géoparc des Bauges](https://www.geoparcdesbauges.com/) propose des visites guidées avec un géologue accompagnateur en haute saison.

Le Semnoz et le panorama des Alpes

Au sud-ouest du massif, le Semnoz s'élève comme une grande crête boisée surplombant le lac d'Annecy. Son sommet, le Crêt de Châtillon à 1 699 mètres, se gagne facilement en deux heures depuis la station du Semnoz 1700, accessible en voiture depuis Annecy. Pour une randonnée plus complète, l'ascension depuis le village de Quintal ajoute 800 mètres de dénivelé pour une boucle de 14 kilomètres, soit cinq à six heures de marche au total.

Le sommet offre l'un des plus beaux panoramas des Alpes du Nord : 360° sur le Mont-Blanc, la chaîne des Aravis, les Bornes, le Beaufortain, la Chartreuse et le lac d'Annecy en contrebas. Plusieurs tables d'orientation jalonnent la crête. La descente peut s'effectuer par les Puisots et le Sappey pour les randonneurs qui souhaitent prolonger le plaisir. Le Semnoz, accessible toute l'année (hors fermetures hivernales), constitue également une excellente option pour les sorties en raquettes, avec un domaine de ski nordique réputé dans la région. Pour comparer les itinéraires, le portail [Visorando](https://www.visorando.com/) recense les tracés GPS validés par la communauté.

Conseils pratiques pour randonner dans les Bauges

Le massif des Bauges reste relativement préservé du tourisme de masse, mais quelques règles simples permettent de respecter les milieux et la faune. Restez sur les sentiers balisés, particulièrement dans les zones de tranquillité de la faune (zones marquées sur les panneaux d'entrée du Parc). Évitez de randonner avec un chien, même tenu en laisse, dans les zones d'alpage en présence de troupeaux : la cohabitation avec les patous reste délicate.

L'accès aux Bauges se fait principalement par Annecy ou Chambéry, deux gares TGV bien desservies. Plusieurs villages de fond de vallée (École-en-Bauges, Bellevaux, Aillon-le-Jeune, Sainte-Reine) offrent gîtes, refuges et restaurants de qualité, souvent autour des produits AOP du massif (Tomme des Bauges, Chevrotin). Les hébergements se réservent facilement hors juillet-août via les offices de tourisme locaux.

Côté équipement, prévoyez des chaussures de randonnée à tige montante, une réserve d'eau d'au moins 1,5 litre par personne (les sources se font rares en crête) et une carte IGN au 1/25 000 ou son équivalent numérique. Les conditions météo peuvent changer rapidement dans ce massif exposé aux entrées d'ouest : la visibilité peut chuter en quelques minutes sur les arêtes sommitales.

Questions fréquentes

**Quelle est la meilleure période pour randonner dans les Bauges ?** La saison s'étend de mai à octobre. Mai et juin offrent les meilleures conditions pour la flore (orchidées, lis martagon, gentianes) et les torrents puissants. Juillet et août restent plus chauds en vallée mais conviennent bien aux sommets. Septembre et octobre proposent des couleurs d'automne magnifiques, particulièrement dans les hêtraies. Les itinéraires en altitude moyenne (Margériaz, Semnoz) restent accessibles dès avril en l'absence d'enneigement résiduel.

**Peut-on bivouaquer dans le massif des Bauges ?** Le bivouac est toléré dans le Parc naturel régional, mais réglementé : possible entre 19h et 9h, à plus d'une heure de marche de tout accès routier, en dehors des zones de protection renforcée. Les feux restent strictement interdits. Toujours privilégier l'option du gîte ou du refuge dans les zones les plus fragiles (massif d'Arcalod, vallon de Bellevaux).

**Les Bauges sont-ils adaptés aux familles ?** Oui, le massif compte de nombreux itinéraires faciles, notamment au Margériaz (sentier des Crocs), au Semnoz (sentier des Crêtes), au lac de la Thuile et autour du Plateau du Revard. Plusieurs sentiers d'interprétation, avec panneaux pédagogiques, sont accessibles dès cinq ans. Le Parc édite chaque année un guide spécifique "randonnées en famille" disponible dans les offices de tourisme.

**Comment se rendre dans les Bauges sans voiture ?** Quelques lignes de bus relient Annecy et Chambéry aux principaux villages du massif, mais la desserte reste limitée le week-end. La navette estivale "Mob'Bauges" assure la liaison entre Annecy et plusieurs départs de randonnée en juillet-août. Un service de taxi rural complémentaire existe sur réservation : les offices de tourisme locaux communiquent les contacts à jour.

Conclusion

Le massif des Bauges réunit à moins de deux heures de Lyon une diversité d'itinéraires rarement égalée : sommets accessibles, lacs sauvages, lapiaz spectaculaires et panoramas d'exception sur les grandes Alpes. Sa fréquentation modérée et son réseau de gîtes ruraux invitent à des séjours de plusieurs jours, à pied ou à vélo électrique. Que vous cherchiez une journée contemplative au bord du lac de la Thuile ou un défi sportif sur l'arête du Trélod, les Bauges proposent une réponse adaptée. Préparez votre carte, réservez votre tomme à la coopérative de la Compôte et partez à la découverte de ce petit massif qui mérite largement plus que son réputation discrète.