Le GR20 traverse la Corse du nord au sud sur environ 180 kilomètres et plus de 12 000 mètres de dénivelé positif cumulé. Réputé comme l'un des treks les plus exigeants d'Europe, il attire chaque année des milliers de randonneurs venus du monde entier pour affronter ses crêtes granitiques, ses lacs d'altitude et ses villages perchés. Dans ce guide complet, nous détaillons les étapes, la préparation physique, le matériel indispensable et nos conseils pour réussir votre traversée de l'île de Beauté.

Présentation générale du GR20

Créé en 1972 par le Parc Naturel Régional de Corse, le GR20 relie Calenzana, au nord, à Conca, au sud. Il se parcourt habituellement en quinze ou seize étapes, avec une journée moyenne de six à huit heures de marche effective. Le sentier traverse la dorsale montagneuse de la Corse, alternant passages aériens sur des arêtes, descentes techniques dans les hêtraies et traversées de plateaux lunaires à plus de 2 000 mètres d'altitude.

Le dénivelé, davantage que la distance, fait la difficulté du parcours. Les montées dépassent régulièrement 1 000 mètres de positif en une seule étape, et les descentes, parfois sur dalles granitiques humides, exigent une vigilance constante. Ce n'est pas un sentier pour débutant : une condition physique solide, une expérience préalable de la montagne et un équipement adapté sont indispensables.

La saison idéale s'étend de mi-juin à mi-septembre. En dehors de cette période, la neige recouvre encore de nombreux passages aériens, rendant certaines étapes dangereuses sans matériel d'alpinisme. En plein été, la chaleur peut être écrasante sur les versants sud, et les orages de fin d'après-midi sont fréquents. Départ matinal obligatoire.

Les étapes clés : nord et sud

Partie nord : Calenzana à Vizzavona

La moitié nord concentre la majorité des difficultés techniques. La première étape, Calenzana – Ortu di u Piobbu, donne le ton avec plus de 1 500 mètres de dénivelé positif pour rejoindre le refuge. S'ensuivent des étapes mythiques comme la traversée du cirque de la Solitude, aujourd'hui contournée par un itinéraire plus sûr depuis les éboulements de 2015, ou la montée au Monte Cinto, point culminant de la Corse à 2 706 mètres, accessible en variante depuis le refuge de Tighjettu.

Le passage au lac de Nino, plateau d'altitude aux allures de steppe mongole où paissent chevaux et vaches en liberté, constitue l'un des moments les plus photographiés du GR. Vizzavona, à mi-parcours, marque une frontière symbolique : beaucoup de randonneurs s'arrêtent ici ou reprennent le train pour Ajaccio ou Bastia.

Partie sud : Vizzavona à Conca

La seconde moitié est plus douce dans son profil, avec davantage de forêts, de rivières et de vasques naturelles propices à la baignade. Les passages autour du Monte Incudine restent cependant exigeants, et l'étape finale vers Conca, sous forte chaleur, surprend souvent les marcheurs par sa longueur.

Les panoramas sur les aiguilles de Bavella, à l'approche du refuge d'Asinau, comptent parmi les plus spectaculaires de toute la traversée. La descente vers Conca, à travers le maquis, offre une transition progressive vers la mer, point d'orgue émotionnel du parcours.

Matériel indispensable pour le GR20

L'équipement doit être à la fois léger et robuste. Un sac de 40 à 50 litres, bien ajusté au bassin, constitue la base. Les chaussures de randonnée à tige haute, rodées avant le départ, sont non négociables : les nombreux passages sur dalles granitiques sollicitent fortement la cheville. Emportez un duvet confort 5 °C, les nuits en refuge ou en bivouac pouvant être fraîches même en août.

Côté vêtements, privilégiez la technique du multicouche : tee-shirt technique, polaire légère, veste coupe-vent imperméable type Gore-Tex, pantalon convertible. Un chapeau, des lunettes de catégorie 3 ou 4 et une crème solaire haute protection sont indispensables face au soleil corse. Enfin, deux gourdes d'un litre au minimum permettent de tenir entre les points d'eau.

Pour l'orientation, la carte IGN TOP 25 et un GPS ou une application hors-ligne comme IGNrando' ou Iphigénie sont recommandés. Le balisage rouge et blanc du GR est globalement bon, mais en cas de brouillard, une défaillance technologique peut coûter cher.

Hébergement et ravitaillement

Les refuges du Parc Naturel Régional ponctuent le parcours tous les cinq à huit kilomètres. Chaque refuge dispose d'un gardien, de dortoirs, d'une cuisine et d'une zone de bivouac. La réservation en ligne est **obligatoire** depuis 2018 sur la plateforme officielle du Parc, et les places partent très rapidement : anticipez de plusieurs mois. Le bivouac sauvage est strictement interdit hors des zones aménagées.

Les ravitaillements sont possibles dans quelques bergeries qui vendent charcuterie, fromage de brebis, pain et conserves, ainsi qu'à Vizzavona et Haut-Asco. Prévoyez néanmoins d'emporter l'essentiel de votre nourriture : barres énergétiques, lyophilisés, fruits secs.

Préparation physique et entraînement

Trois à six mois de préparation spécifique sont nécessaires. Intégrez progressivement des sorties longues, avec dénivelé et sac chargé, idéalement en montagne. Le cardio de fond (course à pied, vélo, natation) complète utilement la préparation, tout comme un travail de renforcement des jambes et de la sangle abdominale. Tester son matériel sur un week-end d'entraînement permet d'ajuster les réglages et d'éviter les mauvaises surprises.

N'oubliez pas la préparation mentale : seize jours d'effort consécutifs usent autant le moral que le corps. Accepter la fatigue, apprendre à ralentir, savoir faire demi-tour si la météo se dégrade : ces compétences font la différence.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour faire le GR20 ?

Le parcours classique se boucle en quinze ou seize étapes. Les randonneurs très entraînés peuvent le faire en douze jours, tandis que les traileurs records descendent sous les 32 heures. Pour profiter du paysage sans souffrir inutilement, comptez seize jours avec une journée de repos à Vizzavona.

Le GR20 est-il accessible à un débutant ?

Non. Le GR20 exige une bonne condition physique, une expérience préalable de la moyenne montagne et une maîtrise de l'orientation. Des alternatives comme la traversée Mare a Mare ou le GR10 dans les Pyrénées conviennent mieux aux débutants souhaitant s'initier au trek longue distance.

Quel budget prévoir pour le GR20 ?

Comptez entre 700 et 1 200 euros hors transport jusqu'en Corse, selon le mode d'hébergement (bivouac ou demi-pension en refuge), l'achat éventuel de matériel et les extras. Les demi-pensions en refuge avoisinent 45 à 55 euros par nuit.

Peut-on faire le GR20 seul ou faut-il un guide ?

Le GR20 se parcourt majoritairement en autonomie. Un guide n'est pas obligatoire mais recommandé pour les profils peu expérimentés en montagne. Des agences spécialisées comme La Balaguère ou Allibert proposent des formules accompagnées avec portage des bagages sur certaines étapes.

Quelle est la meilleure période pour partir ?

La fenêtre idéale s'étend de mi-juin à mi-septembre. Juin offre encore quelques névés mais moins de monde. Juillet et août sont très fréquentés et chauds. Septembre combine conditions stables et affluence réduite, c'est souvent le meilleur compromis.

Pour aller plus loin

Le site officiel du Parc Naturel Régional de Corse ([pnr.corsica](https://www.pnr.corsica)) centralise toutes les informations pratiques, y compris les réservations de refuges. La Fédération Française de la Randonnée Pédestre ([ffrandonnee.fr](https://www.ffrandonnee.fr)) édite le topoguide officiel du GR20, mis à jour régulièrement. Pour les conditions météo en temps réel, consultez [Météo France Montagne](https://meteofrance.com/meteo-montagne), référence incontournable avant chaque étape.

Bien préparé, bien équipé et respectueux de l'environnement, le GR20 restera l'une des plus belles aventures de montagne de votre vie. Bonne route sur les crêtes corses.